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La tribune possédait
naguère deux beaux tableaux représentant l'un l'Annonciation, l'autre Saint Blaise. (ce
dernier tableau était dans la chapelle qui se trouvait au nord entre celle de Saint Roch
et de Saint Michel avant 1840) du au pinceau de Simon Pelofy, grand-père maternel de
l'abbé d'Espérormat, qui vivait sous Napoléon 1ier. L'église n'a pas de clocher ; deux
cloches puissantes sont placées sur le mur occidental de l'édifice. La sacristie et
très petite et dépourvue de meubles indispensables ; les objets les plus précieux du
culte sont une croix et un encensoir en argent du XVIIième siècle, une lampe antique
suspendue à l'entrée du chœur et une chape, un ornement et un dais de couleur rouge
clair, ornè de montures d'argent vieux et de soie très riches. (La tradition prétend
que Blanche de Castille, de passage dans le Languedoc lors de l'annexion de la couronne,
envoya à la Ville royale de Beaucaire en Sault son riche manteau et que c'est de
l'étoffe de ce manteau qu'on aurait fait la chape, l'ornement et le dais. Le dais fut
malencontreusement vendu à l'église de La Malayrède quand Monsieur l'abbé
Caussou en était curé).
Un petit cimetière se trouve devant l'église pour les sépultures d'hiver
et les riches de Belcaire (De Nègre, Terrisse, Susemain (receveur à la chambre
à sel)) se font enterré sous les chapelles de l'église.
Trois chapelles se trouvent sur les terres de la paroisse en dehors de
l'Église ; l'une dédiée à Saint Eutrape (Fontaine de l'Oum), l'autre à Sainte Anne
(Ribal, prés du pont) ; la troisième à NS en Croix (Croix de Fer).
L'œuvre des Saints Cômes et Damien florissait sous l'ancien régime sous
une atmosphère de religion et de liberté. Chaque année, le 1ier dimanche de Février à
l'issue des Vêpres, l'on procédait dans l'église même à l'élection des marguilliers,
deux pour la nef, un pour le Purgatoire, et un pour la chapelle Saint Blaise.
Après l'élection l'on se réunissait au presbytère et les marguilliers sortants rendaient aux
marguillier rentrants un compte fidèle de la gestion financière de l'année échue. On a
le registre de l'œuvre de 1688 à 1792. En examinant les noms des marguilliers l'on
constate que toutes les familles se disputaient l'honneur de servir l'Église. Les
consuls mêmes ne dédaignaient point de cumuler les fonctions de fabricien. Quantum mutati ab
illis pourrait on dire aux chefs de famille d'aujourd'hui ! Après avoir épuisé leurs
forces à briguer les emplois civils ils ne peuvent point aspirer à l'honneur de servir
Dieu. Servir les hommes leur plait d'avantage. Pas fiers, pas fiers nos gens d'aujourd'hui
!
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6. Les seigneurs de Belcaire : Famille de Nègre
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