5. Belcaire au XVIIe et XVIIIe siècles

Oeuvres des Saints Côme et Damien
On ignore l'époque où fut construite l'église de Belcaire. Les fenêtres gothiques et le sanctuaire semblent indiquer une époque assez lointaine peut-être le XVième siècle. En dehors de ces vénérables restes du pur style original, l'église n'a pas de beauté, c'est un édifice irrégulier et pauvre jusqu'à la misère. Avant 1840 les murs intérieurs sont grossièrement recrépis au mortier et le plafond offre à la vue le spectacle désagréable de planches mal jointes et de toiles d'araignées pendantes. Le sanctuaire par sa forme et son ampleur contraste singulièrement avec la pauvreté de la nef. Primitivement, l'autel touchait au mur et le chœur était éclairé par une grande fenêtre gothique ; plus tard on boucha cette fenêtre et l'on avança l'autel qu'on adossa à un retable en bois soutenu par quatre colonnes, deux simples et deux torses, le tout entremêlé de vignes, de feuillages et de figures d'anges. Immédiatement au dessus de l'autel est placé un délicieux tableau du père éternel ; au côté, deux statues des saints patrons de la paroisse (1674). Quatre tableaux représentant la vie et la mort de ces mêmes Patrons se trouvent aussi dans le sanctuaire (1729) au milieu de cadres riches et doré. L'autel est en marbre de Caunes (1753) ainsi que l'appui de communion (1727). La clef de la voûte du chœur est formée de sept arêtes soutenant la construction en terre cuite ; le ciel est peint en bleu parsemé d'étoiles d'or (1731) ; les consoles du retable sont peintes et dorées (1698) ; les chapiteaux les piastres, les frises et les corniches sont aussi peintes et dorées (1732) ; l'aspect du chœur est antique et imposant. L'Église possède quatre petites chapelles, une au sud et trois au nord dédiées à la Sainte Vierge, à Saint Michel, à Saint Blaise et à Saint Roch.



 
 
 

 
 

 La tribune possédait naguère deux beaux tableaux représentant l'un l'Annonciation, l'autre Saint Blaise. (ce dernier tableau était dans la chapelle qui se trouvait au nord entre celle de Saint Roch et de Saint Michel avant 1840) du au pinceau de Simon Pelofy, grand-père maternel de l'abbé d'Espérormat, qui vivait sous Napoléon 1ier. L'église n'a pas de clocher ; deux cloches puissantes sont placées sur le mur occidental de l'édifice. La sacristie et très petite et dépourvue de meubles indispensables ; les objets les plus précieux du culte sont une croix et un encensoir en argent du XVIIième siècle, une lampe antique suspendue à l'entrée du chœur et une chape, un ornement et un dais de couleur rouge clair, ornè de montures d'argent vieux et de soie très riches. (La tradition prétend que Blanche de Castille, de passage dans le Languedoc lors de l'annexion de la couronne, envoya à la Ville royale de Beaucaire en Sault son riche manteau et que c'est de l'étoffe de ce manteau qu'on aurait fait la chape, l'ornement et le dais. Le dais fut malencontreusement vendu à l'église de La Malayrède quand Monsieur l'abbé Caussou en était curé).

    Un petit cimetière se trouve devant l'église pour les sépultures d'hiver et les riches de Belcaire (De Nègre, Terrisse, Susemain (receveur à la chambre à sel)) se font enterré sous les chapelles de l'église.

    Trois chapelles se trouvent sur les terres de la paroisse en dehors de l'Église ; l'une dédiée à Saint Eutrape (Fontaine de l'Oum), l'autre à Sainte Anne (Ribal, prés du pont) ; la troisième à NS en Croix (Croix de Fer).

    L'œuvre des Saints Cômes et Damien florissait sous l'ancien régime sous une atmosphère de religion et de liberté. Chaque année, le 1ier dimanche de Février à l'issue des Vêpres, l'on procédait dans l'église même à l'élection des marguilliers, deux pour la nef, un pour le Purgatoire, et un pour la chapelle Saint Blaise. Après l'élection l'on se réunissait au presbytère et les marguilliers sortants rendaient aux marguillier rentrants un compte fidèle de la gestion financière de l'année échue. On a le registre de l'œuvre de 1688 à 1792. En examinant les noms des marguilliers l'on constate que toutes les familles se disputaient l'honneur de servir l'Église. Les consuls mêmes ne dédaignaient point de cumuler les fonctions de fabricien. Quantum mutati ab illis pourrait on dire aux chefs de famille d'aujourd'hui ! Après avoir épuisé leurs forces à briguer les emplois civils ils ne peuvent point aspirer à l'honneur de servir Dieu. Servir les hommes leur plait d'avantage. Pas fiers, pas fiers nos gens d'aujourd'hui !

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6. Les seigneurs de Belcaire : Famille de Nègre