 |
 |
La majeure partie des accessoires domestiques appartenait à la cuisine. Et c'est de loin
la vaisselle de céramique qui nous est parvenue: elle se composait essentiellement de
céramiques communes grises servant à préparer ou à conserver les aliments et à des
vases à liquides: marmites avec ou sans couvercles, cruches, pichets, dournes à bec
tubulaire, oules et jarres a provisions. La vaisselle en verre comprenait des gobelets ou
des chopes, des bouteilles, des fioles, des coupes à nervures et des verres a pied qui
était la forme la plus courante de cette production régionale.
La fabrication du pain était faite sur place. La farine était moulue dans des moulins a
bras, une fournière cuisait le pain.
L'eau provenait soit du Lasset, la rivière la plus proche, montée a dos de mulet sur la
montagne, soit était puisée dans les citernes aménagées dans le village.
L'économie rurale reposait sur l'agriculture, supplée par l'exploitation des ressources
naturelles, l'élevage et l'artisanat, le commerce complétant les moyens de subsistance
de la communauté montségurienne.
Blé, orge, seigle et une variété de fèves: les féveroles, rencontrés sur le site,
étaient achetés ou collectés, mais il n'est pas exclu qu'une petite activité agricole,
comme en témoigne une houe, y ait été pratiquée.
Mais il faut dire qu'un apport appréciable devait provenir de la cueillette (baies,
noisettes, champignons), de la pêche (saumons, truites, écrevisses) et de la chasse
(oiseaux, écureuils, ours, lièvres et lapins, cerfs et chevreuils, et sangliers ou
cochons sauvages). Certains ustensiles l'indiquent: des serpettes, des plombs de filets ou
de nasses, un hameçon et une javeline. Sonnailles et grelots attestent également la
présence d'animaux domestiques: chiens, chats, mulets et chevaux, coqs et poules,
bufs, moutons, chèvres et porcs.
C'est encore la nature toute proche qui fournissait la matière première aux activités
artisanales: l'argile des grottes pour la poterie, le calcaire et le grés pour la
construction, les minerais de fers et de plombs pour la métallurgie. L'exploitation
forestière attestée par une hachette de bûcheron était destinée à la menuiserie
comme au chauffage des habitations, des fours et des forges.
Ce qui n'est pas produit sur place est importé. Quand on imagine la faible production de
la communauté il est aisé de reconnaître le rôle capital qu'à joué le commerce
durant la première moitié du XIIIe siècle.
Ces apports sont évoqués par les monnaies et par de nombreuses pièces d'importation. Le monnayage composé d'une centaine de monnaies féodales et
royales, de numéraires étrangers: Espagnol, Anglais, et de quelques numéraires
épiscopaux dont un carlin de St paul les trois châteaux, s'étend du XIe au XVe siècle.
Le matériel recueilli en fouille et les sources manuscrites permettent de juger de
l'importance des produits venant de l'extérieur; tout particulièrement dans les vivres
(vin, huile, sel, farine, épices, miel, ufs, etc...), la place qu'occupe le poisson
de mer (raies, bars, mulets et dorades). Des armes telles que: arbalètes, frondes,
chapeaux de fer, des vêtements: souliers, pourpoints, braies, chemises, chapeaux et
bonnets de lin, des accessoires ou parures: bourses, boucles, ferrets, affiquets, du
tissus, de l'outillages: couteaux, aiguilles, dès à coudre, rasoirs, tenailles, mais
aussi de la verrerie, de la vaisselle de céramique et de l'orfèvrerie parvinrent à
Montségur, portés par les commerçants ou les sympathisants.
Par ailleurs, une quinzaine de dès à jouer montrent que le plus populaire des
jeux de hasard, eut sa place d'en les divertissement. Plus rare, une guimbarde en fer
illustre les divertissements musicaux.
Les montséguriens se préoccupaient également de leur hygiène et de leur santé: peigne
en os, furgeoise et pinces à épiler l'attestent.
La découverte exceptionnelle de la sépulture d'un couple inhumé sous 23 mètres de
matériaux, dans une cavité naturelle de la montagne nous montre avec qu'elle volonté
ces corps furent dissimulés, vraisemblablement durant le siège. Cette méthode ne fut
sans doute utilisée que lorsque les corps ne pouvaient être éloignés du village.
LA VIE MILITAIRE
Pour libérer la communauté installée sur la montagne des
préoccupations propres à sa sécurité, Raimond de Péreille organisa, aidé de son
frère Arnaud-Roger de Mirepoix et de son cousin germain et gendre Pierre Roger de
Mirepoix, la garnison et les activités spécifiquement militaires. Estimée à 70 hommes
environs dont une quinzaine de chevaliers à la période du siège, elle comptait une
chevalerie, une infanterie et une artillerie. Le rôle principal de la chevalerie
consistait à effectuer à cheval escortes et collectes.
Quelques pièces armoriées, accessoires du vêtement ou de l'équipement militaire,
soulignent le haut rang de leurs possesseurs. Le vêtement est représenté par des
anneaux de mailles utilisés pour la confection du haubert et par des rivures de
brigandines. Les militaires portaient également des cervelières ou des «chapeaux de
fer».
Épées, dagues, coutelas, lances et javelines, frondes, arcs et arbalètes dont douze
modèles de projectiles différents ont été découverts en nombre, constituaient
l'armement offensif des militaires.
Des échelles de bois ligaturé, furent aussi utilisées par les croisés pour franchir
les défense du château.
Par ailleurs, des boulets de pierre de 23 à 78 kilogrammes
débités sur place, confirment l'utilisation de plusieurs pierrées ou «trébuchets»
lors du siège de la forteresse. Deux «engingnieurs» s'opposèrent, venant construire et
diriger les machines: Bertrand de la Bacallarié de Capenac pour assiégés et, un clerc,
l'évêque d'Albi pour les croisés.
Plusieurs pièces de harnachement:
boucles et mors, deux
types de fers: à talonnettes et a crampons, un éperon cruciforme illustrent la cavalerie
qui devait monter les petit chevaux dits de «Mérens» adaptés aux chemins accidentés.
Cependant, en dehors de la chevalerie, la force de la garnison résidait surtout dans une
place forte de montagne admirablement servie par la nature.
LA VIE RELIGIEUSE
Montségur fut durant quarante ans un lieu de résidence des cathares et
devint le siège de leur église.
Ils eurent des maisons dès le début du XIIIe siècle et la communauté fut acceptée
dans le château à partir de 1232. Une maison affectée aux prêches, résidence de
l'évêque du toulousain, accueillait deux cent personnes aux moins.
Cependant, l'archéologue confirme les conclusions de l'histoire, car nulle trace de la
tradition cathare n'est perceptible dans le matériel découvert.
Il n'y eut pas plus de colombes que de" croix cathares.
Il nous faut noter, malgré tout, la présence de méreau en plomb, porteurs de décors
symboliques. Certains d'entre-eux jouaient au Moyen-age le rôle de jetons de
reconnaissance que beaucoup de minorités dans la clandestinité ont utilisés. Peut être
furent-ils émis sur place, comme tend à le prouver la valve de moule recueillie sur le
site, pour les besoins de la communauté cathare?
 Par contre
quelques pièces représentent incontestablement des objets de la liturgie orthodoxe, en
particulier un plat de livre, une tête de christ appartenant à une pièce d'orfèvrerie
et un élément de chauffe-main. Il est probable qu'il faille les attribuer au chapelain
qui officia dans la nouvelle forteresse des Lévis.
Bien que des questions restent posées, après vingt années de recherches
archéologiques, mais la confrontation patiente et rigoureuse des sources écrites et des
documents exhumés par les fouilles reste le plus sûr garant d'une meilleure connaissance
de ce site remarquable.
<<<Description du site - Retour a l'introduction >>>
LE CHÂTEAU DE MONTSÉGUR
Guide des Ruines et des Collections Archéologiques
Extraits d'une plaquette réalisée par le
GROUPE DE RECHERCHES ARCHÉOLOGIQUES DE
MONTSÉGUR ET ENVIRONS
en collaboration avec le
CENTRE D'ARCHÉOLOGIE MÉDIÉVALE DU LANGUEDOC
|
 |
|