Guide des Ruines et des
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LES TROIS CHÂTEAUX DE MONTSÉGUR

Vingt années de travaux menés sur le site éclaire d'un jour nouveau son histoire.
Mais avant d'entreprendre sa visite, il convient de bien distinguer les différentes formes que pris Montségur au cours des siècles.(Phot: J-P Sarret)
aucunes traces ne subsistent du premier édifice «Montségur I» qui, au début du XIIIe siècle, était abandonné et ruiné. Cette construction, dont nous ne connaissons rien de l'aspect, devait occuper la partie sommitale de la montagne pour la surveillance des voies qui passaient à ses pieds, et de la frontière Occitano-Aragonaise.
La mise en défense de Raimond de Péreille concerna l'ensemble de la montagne. Il reconstruit vers 1204, «Montségur II» également aménagé sur la partie sommitale. Il comportait un donjon juché sur le point culminant, vraisemblablement entouré d'une enceinte couronnée de défense en pierre ou en bois enserrant le corps de logis. Le village était blotti entre l'habitat seigneurial et l'apic des falaises dont la crête était prolongée par des murs de pierre qui ceinturaient l'ensemble. Au sud, plusieurs lignes de murs successifs protégeaient l'accès au château. Sur le versant est, un fossé artificiel séparait une barbacane de celui-ci. Enfin, au nord-est, le poste de guet du Roc de la Tour 



 
 
 

 
 

complétait le renforcement des crêtes naturelles de la montagne composant pratiquement une première ligne de défenses. Qu'en reste-t-il aujourd'hui? Les ruines des défenses et du village, mais peu de traces du château de Raymond de Péreille, dont les matériaux et l'emplacement ont été réutilisés dans les transformations de la place après sa prise par les croisés.
En effet, la famille des Lévis rentra en possession de Montségur et lui conserva son rôle stratégique face à l'Espagne. Le château, «Montségur III», fut alors reconstruit ou tout au mois reconditionné comme le furent les forteresses royales des Corbières, sur le même emplacement privilégié que le précédent.
C'est sa ruine, transformée jusqu'à son abandon, qui accueille de nos jours le visiteur. (Voir le plan des ruines 30 Ko)
Le village anéanti s'installait, alors, au pied de la montagne.
après cette mise en garde, qu'il est bon d'avoir toujours présente a l'esprit, abordons les divers éléments qui composaient Montségur.

LA MONTAGNE ET SES DÉFENSES

La montagne de Montségur émerge de la vallée glacière du Lasset et culmine à 1207 mètres. Son volume accuse sensiblement la forme d'un tronc de pyramide dont les faces latérales sont constituées de falaise abruptes, isolant le plateau sommital par de véritables défenses naturelles.
Ce plateau a environ 700 mètres dans sa plus grande longueur et une largeur varie de 60 à 150 mètres représentant une surface d'environ 5 hectares.
Une première ligne de défenses prolonge la crête des falaises entre le triangle de guets composé par le château, la barbacane de l'est et le poste de guet du Roc de la Tour assurant une surveillance intégrale des horizons et protège une zone aménagée d'un hectare et demi environ.
Pour accéder à son sommet, le chemin le plus praticable a été tracé sur la pente sud-ouest. Un sentier serpente sur le cône d'éboulis qui ceinture la montagne et se prolonge par des aménagement de la paroi rocheuse jusqu'au sommet. Taillées dans le roc par endroits, des marches en «pas d'âne» permettaient l'accès des montures jusqu'au château. Un système défensif composé de trois lignes de mur successifs assurait sa protection. Ce fut de tout temps, la voie la plus naturelle pour accéder au sommet de la montagne.
Par ailleurs, le périmètre du plateau est accessible par trois couloirs de montagne plus ou mois difficiles.
Au nord-est sous la barbacane, un système analogue à celui du sud-ouest, isolait le castrum du plateau.
Lorsque Montségur est désigné dans les textes par castrum: château, il faut entendre l'ensemble composé par le castellum, c'est-à-dire le donjon et le corps du logis, et le village attenant, le tout enfermé dans une enceinte.
Imaginons ce cadre de vie médiéval et gravissons le chemin muletier qui, venant de Lavelanet, conduisait à la première porte de la forteresse, située à l'heure actuelle à la hauteur du médaillon scellé dans sa roche à la mémoire du poète Maurice Magre.

LE CHÂTEAU

Le chemin d'accès aboutit devant la porte sud qui était protégée par des «hourds», galerie de bois établie au sommet des murailles pour en protéger la base, qui reposaient sur des «corbeaux», pierre en saillie servant à soutenir l'extrémité d'une poutre encore visible.
Le seuil surélevé n'était accessible que par des paliers en menuiserie partiellement amovible.
(Photo: J-P Sarret)A l'intérieur, dans l'épaisseur des murs, on peut remarquer le logement des madriers qui assurait la fermeture des vantaux de la porte.
«Montségur III», typique château de montagne, épousant le socle rocheux, mesure 70 mètres de long sur 20 mètre de large, et se compose d'un donjon auquel est soudé un corps de logis.
C'est une architecture royale dont bien des détails sont comparables à celle des châteaux contemporains de la «Marche d'Espagne», ou en particulier le donjon s'intègre au système défensif et fait corps avec la courtine, alors qu'il est probable que le donjon de «Montségur II» devait être au centre de la chemise.
Au milieu des 700 mètres carrés que délimitait l'enceinte aveugle, une basse-cour dallée, à ciel ouvert de 100 m² environ, avait été aménagée, constituant à la fois un puits de lumière et un régulateur climatique. Elle accusait sensiblement le même contour que celui de la chemise.
Autour d'elle était disposés, sur trois étages, des bâtiments: salles d'armes, réserves, ateliers, etc... Trois escaliers montaient au chemin de ronde et aux défenses des ouvertures.
Le mur-bouclier est, entièrement hourdé, de 4,20 m d'épaisseur, était un point important de défense.
Du chemin de ronde on pénétrait par l'unique porte au premier étage. Vraisemblablement logis seigneurial, ce niveau était éclairé par quatre grandes fenêtres à bancs de veille, et pourvu d'une grande cheminée adossée au mur sud et d'un puits.
Cette pièce donnait accès par un escalier hélicoïdal à la partie inférieure du donjon par une brèche duquel nous pénétrons aujourd'hui. Elle était composée d'une citerne de 50 m³ environ et d'une salle basse, voûtée en berceau brisé, percée de cinq fentes d'éclairage. Le donjon de plan rectangulaire (20 m x 9 m) devait être couvert d'une terrasse hourdée à laquelle on accédait, également, par l'escalier hélicoïdal.

LE BARBACANE DE L'EST

Une plate-forme de 100 m² environ, située sur la crête orientale était séparée du château par un fossé artificiel. C'est en effet la carrière d'où fut extraite la pierre nécessaire aux différents chantiers qui créa cet obstacle. Cet îlot rocheux aménagé complétait ainsi les défenses à l'est. Seule la base des murs de ce poste avancé subsiste encore.

LE POSTE DE GUET DU ROC DE LA TOUR

A l'extrémité nord-est du plateau, une falaise de 80 mètres dominait l'entrée des gorges du Carroulet et constituait une situation privilégiée qui fut utilisée dès l'age du Fer sous forme d'éperon barré avant d'être réaménagée au début du XIIIe siècle en poste de guet. C'est cet ouvrage d'environ 150 m², constitué de murs en pierres sèches, ne subsistant que sur une hauteur de un mètre, qui fut investi par un groupe de gascons lors du siège, en hiver 1243.

LE VILLAGE

Protégé par le système défensif de Montségur, le village s'étendit, entre le donjon et le précipice, sur une grande partie de la montagne. Nous connaissons encore mal son étendue, la surface fouillée ne représente que 1/20e de cette agglomération qui de la fin du XIIIe siècle à 1244 où il fut rasé, abrita une population importante, de l'ordre de 400 personnes environ au cours des dernières années.
La rusticité est le caractère dominant de ce cadre de vie. Il ne peut être question d'architecture proprement dite, mais d'aménagement des lieux, d'ailleurs fort judicieux. aucune place n'est perdue.
La pierre est évidée afin de créer des passages ou de permettre le logement de poutres. La roche est martelée pour obtenir des sols praticables. Limitées à leurs fonctions, ces construction de bois et de pierre communiquant entre elles par d'étroits escaliers ou des échelles de bois pour les étages. Elles sont imbriquées les unes aux autres; toutes les surfaces planes ont été utilisées, sinon aménagées. Des citernes les alimentaient en eau.
Clés de porte. (Collection Toussaint-Chaubet) (Photo: J Dieuzaide)Sur ces lieux, témoins de la vie quotidienne, nous avons recueilli un important matériel archéologique qui nous éclaire sur quelques aspects de la vie à Montségur.

 

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LE CHÂTEAU DE MONTSÉGUR
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Extraits d'une plaquette réalisée par le
GROUPE DE RECHERCHES ARCHÉOLOGIQUES DE
MONTSÉGUR ET ENVIRONS
en collaboration avec le
CENTRE D'ARCHÉOLOGIE MÉDIÉVALE DU LANGUEDOC