Guide des Ruines et des
Collections Archéologiques
LE CONTEXTE HISTORIQUE

On entretient fréquemment une erreur présentant Montségur comme un lieu exclusivement cathare et n'ayant que quarante ans d'histoire. Or, il faut  se rappeler que l'Ariège a un très riche passé et que Montségur et sa région y ont contribué.
Sans entrer, ici, dans les détails de son histoire, il est nécessaire de situer le cour épisode cathare dans l'ensemble des occupations du site, que d'ailleurs divers témoins archéologiques ont permis de confirmer.

LES RECHERCHES

C'est pour sa valeur esthétique et symbolique que fut éveillé le souvenir de Montségur vers la fin du XIXe siècle. Une abondante littérature s'est alors abattue sur lui, provoquant les premières fouilles clandestines.
Les initiatives personnelles se multiplièrent. Les unes pour atteindre un trésor matériel, les autres un trésor spirituel. Les moyens les plus expéditifs furent mis en œuvre: explosifs, pelles, pioches, barres à mine ou pendules.Une campagne de restauration du château débuta en 1947 et freina ces dégradations alors qu'elle motiva une prospection spéléologique de la montagne. Menée par la Société Spéléologique de l'Ariège, elle aboutit en 1964, à la découverte d'une sépulture dans l'aven du Trébuchet. L'équipe s'orienta alors vers une enquête archéologique.



 
 
 

 
 

Les Fouilles (Photo: J-P Sarret) La volonté de donner à la recherche une structure solide et des moyens accrus aboutit en 1968 à la création du Groupe de Recherche Archéologiques de Montségur et Environs (G.R.A.M.E.) qui résolut de poursuivre le dégagement des terrasses d'habitations du versant nord-ouest.
Ces travaux (1964-1986) ont permis de dégager une partie du village qui ceinturait le donjon pendant la première moitié du XIIIe siècle. Trois habitations, leurs dépendances, leurs réseaux de communication ont été mis au jour sur 550 m² étagés en cinq niveaux, donnant ainsi un nouveau visage aux abords du château. Et, plus de trois mille pièces de civilisation matérielle ont conduit à considérer quelques aspects de la vie quotidienne à Montségur en relation avec les sources manuscrites et ont permis la création du Musée municipal de Montségur.
Un deuxième programme de recherches est en cours depuis 1975. Il porte sur les deux principaux ouvrages de défense: le château pour lequel l'analyse architecturale accompagne une fouille exhaustive et le poste de guet du «Roc de la Tour» dont les travaux confirment l'investissement de la montagne, lors du siège de 1244, par la prise de ce poste avancé.
C'est grâce à l'effort conjugué des historiens et des archéologues que s'éclaire, peu à peu, d'un jour nouveau, l'histoire de Montségur.

LES PREMIÈRES OCCUPATIONS

Un site aussi singulier ne pouvait laisser indifférentes les diverse civilisations qui l'ont découvert. Ces qualités stratégiques, le caractère insolite de son relief et les ressources minières de la région ont été les facteurs d'implantation à différentes époques.
Cependant, il est difficile de définir les occupations successives du sol: toutes s'étant succédées sur l'unique plate-forme sommitaux.
Les premiers éléments de datations sont donnés par quelques vestiges de l'industrie lithique préhistorique.
Un ensemble homogène de broyeurs, pendeloque, pointes de flèches et lames en silex, allènes et céramiques atteste une implantation à l'époque chasséenne ou Chalcolithique (environs entre 2400 et 1800 av. J.C).
Les abris ou sépultures voisines apportent aussi le témoignage d'une occupation à proximité de l'Age de Bronze à l'age de Fer (de 1800 à 750 av. J.C). Les peuplades protohistoriques de l'oppidum du Mayne très voisin, ont vraisemblablement occupé le piton rocheux, tout comme les romains. Toutefois, les documents sont trop diffus pour pouvoir affirmer que l'implantation fut importante et permanente.
Puis, aucun jalon jusqu'au XIIIe siècle, aucune pièce du haut Moyen-age ne viennent éclairer cette longue période qui, au début du XIIIe siècle laisse la ruine d'un édifice: «Montségur I».

MONTSÉGUR AU MOYEN-AGE

Les premiers documents relatifs à la mise en défense de la montagne nous apprennent qu'une communauté y était établie avant 1204.
La partie sommitale de la montagne devait, alors être aménagée pour constituer des abris rudimentaires, avant de devenir permanentes; C'est à cette époque que le clergé   cathare demanda à Raymond de Péreille de relever de ses ruines un édifice subsistant et mettre en défense «Montségur II».
A parti de 1232, les cathares demandèrent de vivre dans le château. Tout porte à croire que les derniers renforcements des défenses furent effectués à cette  époque. Montségur devint alors, le siège de leur église.
en 1241, Raymond VII, comte de Toulouse, promit au roi de détruire le château, il y mit le siège sans conviction et sans résultats.
Deux ans après, le concile de Béziers décide l'anéantissement de Montségur. Le siège débute au printemps. Et sous la conduite de Hugues de Arcis, sénéchal de Carcassonne et de Pierre Amiel archevêque de Narbonne, une importante armée prend position au pied de la montagne sans toutefois interrompre les contacts des assiégés avec l'extérieur. en novembre, Durand, évêque d'Albi, amène des renforts aux assiégeants.
A la fin de l'année un groupe de croisés s'empare du poste de guet du Roc de la Tour et couvre l'armée qui s'implante sur la montagne. Elle gagne une pierrière qui, de la Barcane, menace les toitures du château.
Le 1er mars 1244, une tentative de sortie des assiégés échoue. Le lendemain c'est la réddition. Une trêve de 15 jours leur est accordée à l'issue de la quelle les militaires ne seront pas inquiétés et les cathares choisiront de renoncer à leur foi ou de périr dans les flammes d'un bûcher.
Le 16 mars: 205 cathares résolus sont brûlés vifs; Guy II de Lévis prend possession de la place et y installe une garnison. Il rend hommage au roi en juillet 1245.
Alors qu'un chantier est vraisemblablement ouvert pour reconstruire le château «Montségur III», comme le laisse supposer l'architecture que nous avons aujourd'hui sous les yeux que l'on peut dater de la fin du XIIIe siècle ou du début du XIVe siècle, tandis que le village va peu à peu  revenir s'installer au pied de la montagne.
Vers 1332, une église fut érigée au pied de la montagne afin d'éviter une ascension pénible aux habitants du village.
Au XIVe siècle, Montségur servait encore de sentinelle et surveillait les éventuelles infiltrations espagnoles qui pouvaient menacer, par revers, les forteresses du Kercob et des Corbières.
Le château était encore pourvu d'une garnison au milieu du XVe siècle.

LA DÉSERTION DE MONTSÉGUR

Vers 1496, le château était qualifié de «défensable», alors que le village devait être détruit durant les guerres de religion. Il fut reconstruit ainsi que son église vers la fin du XVIe siècle ou au début du XVIIe siècle, à l'emplacement où nous le trouvons aujourd'hui. Et le château semble alors, être abandonné définitivement.

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LE CHÂTEAU DE MONTSÉGUR
Guide des Ruines et des Collections Archéologiques
Extraits d'une plaquette réalisée par le
GROUPE DE RECHERCHES ARCHÉOLOGIQUES DE
MONTSÉGUR ET ENVIRONS
en collaboration avec le
CENTRE D'ARCHÉOLOGIE MÉDIÉVALE DU LANGUEDOC