LES
PREMIÈRES OCCUPATIONS
Un site aussi singulier ne pouvait laisser indifférentes les diverse
civilisations qui l'ont découvert. Ces qualités stratégiques, le caractère insolite de
son relief et les ressources minières de la région ont été les facteurs d'implantation
à différentes époques.
Cependant, il est difficile de définir les occupations successives du sol: toutes
s'étant succédées sur l'unique plate-forme sommitaux.
Les premiers éléments de datations sont donnés par quelques vestiges de l'industrie
lithique préhistorique.
Un ensemble homogène de broyeurs, pendeloque, pointes de flèches et lames en silex,
allènes et céramiques atteste une implantation à l'époque chasséenne ou
Chalcolithique (environs entre 2400 et 1800 av. J.C).
Les abris ou sépultures voisines apportent aussi le témoignage d'une occupation à
proximité de l'Age de Bronze à l'age de Fer (de 1800 à 750 av. J.C). Les peuplades
protohistoriques de l'oppidum du Mayne très voisin, ont vraisemblablement occupé le
piton rocheux, tout comme les romains. Toutefois, les documents sont trop diffus pour
pouvoir affirmer que l'implantation fut importante et permanente.
Puis, aucun jalon jusqu'au XIIIe siècle, aucune pièce du haut Moyen-age ne viennent
éclairer cette longue période qui, au début du XIIIe siècle laisse la ruine d'un
édifice: «Montségur I».
MONTSÉGUR AU MOYEN-AGE
Les premiers documents relatifs à la mise en défense de la montagne nous
apprennent qu'une communauté y était établie avant 1204.
La partie sommitale de la montagne devait, alors être aménagée pour constituer des
abris rudimentaires, avant de devenir permanentes; C'est à cette époque que le clergé
cathare demanda à Raymond de Péreille de relever de ses ruines un édifice
subsistant et mettre en défense «Montségur II».
A parti de 1232, les cathares demandèrent de vivre dans le château. Tout porte à croire
que les derniers renforcements des défenses furent effectués à cette époque.
Montségur devint alors, le siège de leur église.
en 1241, Raymond VII, comte de Toulouse, promit au roi de détruire le château, il y mit
le siège sans conviction et sans résultats.
Deux ans après, le concile de Béziers décide l'anéantissement de Montségur. Le siège
débute au printemps. Et sous la conduite de Hugues de Arcis, sénéchal de Carcassonne et
de Pierre Amiel archevêque de Narbonne, une importante armée prend position au pied de
la montagne sans toutefois interrompre les contacts des assiégés avec l'extérieur. en
novembre, Durand, évêque d'Albi, amène des renforts aux assiégeants.
A la fin de l'année un groupe de croisés s'empare du poste de guet du Roc de la Tour et
couvre l'armée qui s'implante sur la montagne. Elle gagne une pierrière qui, de la
Barcane, menace les toitures du château.
Le 1er mars 1244, une tentative de sortie des assiégés échoue. Le lendemain c'est la
réddition. Une trêve de 15 jours leur est accordée à l'issue de la quelle les
militaires ne seront pas inquiétés et les cathares choisiront de renoncer à leur foi ou
de périr dans les flammes d'un bûcher.
Le 16 mars: 205 cathares résolus sont brûlés vifs; Guy II de Lévis prend possession de
la place et y installe une garnison. Il rend hommage au roi en juillet 1245.
Alors qu'un chantier est vraisemblablement ouvert pour reconstruire le château
«Montségur III», comme le laisse supposer l'architecture que nous avons aujourd'hui
sous les yeux que l'on peut dater de la fin du XIIIe siècle ou du début du XIVe siècle,
tandis que le village va peu à peu revenir s'installer au pied de la montagne.
Vers 1332, une église fut érigée au pied de la montagne afin d'éviter une ascension
pénible aux habitants du village.
Au XIVe siècle, Montségur servait encore de sentinelle et surveillait les éventuelles
infiltrations espagnoles qui pouvaient menacer, par revers, les forteresses du Kercob et
des Corbières.
Le château était encore pourvu d'une garnison au milieu du XVe siècle.
LA DÉSERTION DE MONTSÉGUR
Vers 1496, le château était qualifié de «défensable», alors que le
village devait être détruit durant les guerres de religion. Il fut reconstruit ainsi que
son église vers la fin du XVIe siècle ou au début du XVIIe siècle, à l'emplacement
où nous le trouvons aujourd'hui. Et le château semble alors, être abandonné
définitivement.
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LE CHÂTEAU DE MONTSÉGUR
Guide des Ruines et des Collections Archéologiques
Extraits d'une plaquette réalisée par le
GROUPE DE RECHERCHES ARCHÉOLOGIQUES DE
MONTSÉGUR ET ENVIRONS
en collaboration avec le
CENTRE D'ARCHÉOLOGIE MÉDIÉVALE DU LANGUEDOC