Montaillou et son château

Le Pays d'Alion (haut plateau à 1200 m d'altitude), est occupé principalement par 4 villages : Prades et MONTAILLOU terre ariégeoise et Comus et Camurac en terre d'Aude. Le petit ruisseau de la en Courme du Moulin (affluent de l'Hers) coupe en deux ce haut plateau et sert de limite aux deux départements.

A MONTAILLOU :du château féodal dressé sur un mamelon, en haut du village, l'on pouvait contrôler le chemin reliant le Pays de Sault au Sabarthès (par les cols des sept frères et de marmare) et le chemin reliant le Pays d'Olmes au Donnezan (par Comus et les cols de Balaguès et de Pailhères). De nos jours, on accède aux restes de l'édifice en remontant la rue principale.
ORIGINE ET CATHARISME : Il semblerait, qu'entre autre, le Pays d'Alion échut au début du XIè sièce, à la branche cadette des Comtes de Carcassonne. En 1066, et à la mort du Comte Roger III de Carcassonne, les sœurs de ce dernier, vendirent leurs domaines, au Comte Catalan : Raimond Bérenger I - Comte de Barcelone, qui nomma comme Vicomte : Bernard de Trencavel.
Par ces acquisitions, les catalans s'implantèrent très largement au nord des Pyrénées. Cependant, le fils du Vicomte, Bernard Aton s'affranchit de la tutelle catalane dès 1082 et s'empara de la Cité. En 1132, Guilhem d'Alion, marié à Braidimenda de Foix est alors Vicomte de Sault. Dans la seconde moitié du XIIè siècle Aton d'Alion reçut en héritage le Pays de Sault et donna naissance à la famille Niort (célèbre lors de la croisade contre les "Albigeois").



 
 
 

 
 

Petit rappel sur le catharisme
Cette religion est apparue en Europe en l'an 1000, Bien que persécutés par l'église catholique, les prédicateurs cathares, grâce à la qualité de leur message spirituel, furent bien acceptés, dès le début du XIIè siècle, par la petite noblesse occitane et par une part importante de la population.
Au début du XIIIè siècle et devant l'influence grandissante du catharisme, l'église catholique déclencha la "croisade contre les Albigeois" (terme désignant les cathares occitans - Les croisés étant ceux qui persécutaient et menaient cette croisade contre les cathares occitans). Cette répression dura près de 50 ans.
Afin d'en finir avec le catharisme, le Pape institua l'inquisition en 1232.

RETOUR SUR MONTAILLOU : En 1209, les d'Alion furent dépossédé de leurs biens pour désobéissance et ce sont les Comtes de Foix qui se chargèrent Les ruines du donjon notamment des territoires de Prades et Montaillou. Cela pourrait expliquer en partie la soumission "diplomatique" de Bernard d'Alion au chef des Croisés : Simon de Montfort. La position prise par Bernard d'Alion était à l'opposé de celle des Comtes de Foix, qui eux, combattirent les croisés jusqu'en 1229.
Il faut cependant noter que Bernard d'Alion malgré sa soumission fut un allié actif du catharisme en hébergeant, par exemple dans les années 1230, l'évêque cathare du toulousain : Guilhabert de Castres.
Cette période de brouille entre les lignages de Foix et d'Alion prirent fin à l'occasion du mariage de Bernard d'Alion avec Esclarmonde (cathare et sœur du Comte de Foix Roger Bernard II).
Bernard d'Alion et Arnaud d'Usson, en tant que sympathisants, accueillirent sur leurs terres, des cathares persécutés et aidèrent de diverses manières les résistants au Roi de France et à l'Église catholique, qu'étaient les principaux chefs religieux cathares installés à Montségur. Le châteauLa résistance à Montségur dura 14 ans et en 1243, les croisés assiégèrent la place qui se rendit après 10 mois de lutte. De nombreux hérétiques trouvèrent dans les forêts du Pays d'Alion, un abri sur contre le tribunal inquisitorial. Bernard d'Alion fut jugé par le tribunal inquisitorial et brûlé près de la Cathédrale de Perpignan en 1257. Les familles d'Alion et d'Usson, reçurent, en 1311, de Gaston I de Foix, 100 livres en échange d'Usson, Prades et Montaillou..
En 1308, à Montaillou, une rafle fut organisée par Geofroy d'Ablis, alors inquisiteur de Carcassonne. Il fit emprisonner les adultes et leur extirpa des dépositions qui servirent à l'abbé de Fontfroide (Jacques Fournier) organisateur d'un tribunal inquisitorial efficace et zélé qui lui permit d'accéder à son élection papale à Avignon sous le nom de Benoit XII.

Le site web de Montaillou http://www.mairie-montaillou.fr